Tempête libérale sur l’Hôpital
Collectif Directeurs UFMICT-CGT
Fédération CGT Santé Action Sociale
Tempête libérale sur l’Hôpital :
La déréglementation comme feuille de route !!!
Lors de l’installation de la mission Larcher, le Président de la République a fait un discours annoncé comme majeur pour l’Hôpital.
Après l’affirmation des valeurs de l’Hôpital (service, ouverture, ancrage territorial) que nous
partageons, le discours prend la tournure d’un réquisitoire de fait en traitant les défis à relever.
Le défi de l’accès à des soins de qualité : rien en termes de propositions, pour équiper les Samu et les urgences du service public trop souvent seuls face aux exigences de la permanence des soins.
Le défi de la performance : l’hôpital y est décrit paralysé et sans cohérence.
Le défi de l’attractivité et de l’excellence : avec une certaine hypocrisie rien n’est dit sur la
concurrence que mène le privé lucratif sans avoir les obligations du service public..
Les réponses pour répondre à ces défis sont une course effrénée vers toujours plus de libéralisme et de déréglementation.
L’autonomie de gestion avec la T2A à 100% poursuit l’imposture de laisser croire que cela permettrait de payer l’activité alors que les tarifs sont déconnectés des coûts réels.
Le contrat entre les tutelles et les établissements mais aussi entre le directeur et les praticiens
hospitaliers est présenté comme l’alternative au statut. Evidemment, rien n’est dit sur les moyens de ces contrats ! A cette occasion, le directeur passe de cadre supérieur de la fonction publique à manager d’excellence dont la sélection serait ouverte aux médecins et aux managers du privé. Les agents de l’APHP se souviennent du salaire de leur ancienne directrice générale issue de l’entreprise privée.
L’autonomie est assimilée à la possibilité de privatisation des activités logistiques.
Sur les contrats de gré à gré entre médecins et directeurs il est précisé que cela doit améliorer la
rémunération des praticiens en « modernisant » l’activité libérale ; c'est-à-dire en diminuant la part du service public.
Concernant la reconnaissance des professions paramédicales dans le cursus « LMD », on confine au troc : la revalorisation contre des contre parties sur l’âge de la retraite et le temps de travail ; travailler maintenant plus et plus longtemps pour être peut-être reconnu un jour !
Au détour d’une laborieuse présentation des futures Agences Régionales de Santé, il est fait allusion à
la réunion territoriale des établissements pouvant même aller jusqu’à la mobilité des professionnels entre les structures.
Au final, le secteur privé doit se trouver conforté est-il précisé dans le texte.
Au collectif des directeurs UFMICT-CGT, nous sommes attachés à la promotion et à l’évolution de l’hôpital public au sein d’une fonction publique rénovée et modernisée. C’est la garantie de l’égalité d’accès aux soins et à la santé pour la population avec des personnels qualifiés, reconnus. La démocratie doit devenir le moteur de cette évolution.
Les directeurs d’hôpital sont des cadres de haut niveau de la Fonction Publique, pas des fusibles aux parachutes dorés.
Il n’y a rien à espérer d’une déréglementation foulant au pied le statut.