« loi de prévention de la délinquance » ...Inacceptable
LA COMMUNAUTE PSYCHIATRIQUE REFUSE UNANIMEMENT L’ALMALGAME ENTRE MALADIE MENTALE ET DELINQUANCE
Le Sénat vient d’accepter, en première lecture, le projet de loi de sécurité intérieure intitulé « loi de prévention de la délinquance » comportant dans ses articles 18 à 25 des dispositions sur les malades mentaux.
Une semaine après, le ministère de la santé ose réunir les organisations et associations du champ de la santé mentale sur un projet de réforme des hospitalisations en psychiatrie.
La CGT, comme l’ensemble des organisations présentes, s’est élevée sur la méthode qui consiste à présenter une loi et dans le même temps de proposer aux partenaires sociaux de discuter à la marge des aspects techniques.
Alors que les professionnels, les malades et leur famille ont contribué par leurs engagements respectifs à faire changer l’image de la psychiatrie et des malades, le Ministre de l’Intérieur, Monsieur SARKOZY, en associant dans un même projet de loi la délinquance et la maladie, réduit à néant des années de travail qui ont permis d’humaniser les soins et de faire reconnaître les malades psychiatriques dignes d’intérêt et de respect. L’amalgame fait entre délinquance et maladie mentale est un affront, et même une insulte, à l’ensemble de la communauté psychiatrique.
La CGT et l’ensemble des organisations et associations présentes le 25 septembre ont tous avec force et détermination poser l’exigence du retrait des articles relevant du champ sanitaire de cette loi de sécurité intérieure. Après les déclarations des uns et des autres, nous avons tous refusé d’engager la discussion et décidons d’alerter l’opinion publique.
La CGT mobilise ses forces pour obtenir le retrait de cette loi stigmatisante. Nos syndicats d’établissements s’adressent aux élus locaux qui sont appelés à voter cette loi. Elle continue d’informer les professionnels sur les dérives et les dangers de ce texte.
Nous nous associons à toutes les organisations de malades, de familles, de professionnels de la psychiatrie et les représentants de leurs institutions ainsi qu’aux travailleurs sociaux et judiciaires qui refusent, au nom de leur éthique professionnelle, d’être instrumentalisés à des fins de contrôle social et de calcul politicien.