Protocole FPH: la CGT dit NON!

Publié le par jean marc

La Commission Exécutive de notre Fédération s’est réunie le 18 octobre pour tirer enseignement de la « consultation-action » proposée aux salariés, et déterminer le positionnement CGT concernant le protocole FPH et les initiatives à venir.

Le débat s’est évidemment tenu à la lumière d’un contexte difficile à écarter pour apprécier des avancées éventuelles pour les salariés et pour le devenir du Service Public Hospitalier : qualité du dialogue social en baisse, dégradation historique de la situation budgétaire des établissements, vécu et conditions de travail difficiles, salaires et reconnaissance professionnelle en berne, déficit d’emplois, précarisation en augmentation, pénurie de personnels qualifiés. Donc, une crise professionnelle, budgétaire et démocratique confirmée.

Il est demandé aux organisations syndicales de ratifier globalement un protocole sur des volets « dialogue social », « emploi formation », « conditions et organisation du travail », « mesures statutaires » qui aurait mérité une négociation ambitieuse pour chacun d’eux. Nous rappelons que la CGT avait demandé une négociation par volet et un positionnement par volet. A la fin d’un processus long et laborieux, autant nous pouvons apprécier quelques avancées statutaires pour un certain nombre de salariés, autant nous affirmons que globalement les mesures proposées de chaque volet n’apportent pas de réponses significatives, durables, financées pour améliorer la vie au travail des salariés, la reconnaissance professionnelle, la qualité du Service Public attendu, tant par les salariés que par les usagers.

Le grand absent : l’EMPLOI QUALIFIE !

Comment affirmer vouloir améliorer les conditions de travail, la vie au travail sans s’attaquer sérieusement et durablement à cette question ? Il n’y a pas de « crise de vocation » qu’il suffirait de régler par une campagne de promotion des métiers hospitaliers. Des milliers de jeunes font le choix des métiers du secteur sanitaire, social et médico-social dans l’espoir d’y trouver utilité sociale, humanité et dignité :
-  110 000 s’inscrivent dans les concours d’entrée à l’école d’infirmières, 50 000 sont recevables, 30 000 sont sensés rentrer en 1ère année, mais en réalité 27 000 font la formation et pour aboutir à 20 000 diplômées.
-  Des centaines d’aides soignants passent le concours d’entrée pour se voir refuser la formation rémunérée par manque de financement.
-  L’emploi précaire devient la seule voie d’accès à la Fonction Publique Hospitalière...

La CGT réclame un plan urgence « emploi-formation » depuis des années. Encore un rendez vous manqué dans cette négociation ! Beaucoup d’intentions, beaucoup d’habillage politique. Rien de sérieux

Dialogue social, parlons en ! Certes des mesures sont proposées pour améliorer le fonctionnement des instances locales et nationales, mais en parallèle, le CSPPM est laminé, l’ordre infirmier imposé au mépris de la position de la quasi-totalité des organisations syndicales représentatives de la Fonction Publique Hospitalière !

Pénibilité au travail :

certes des moyens sont accordés aux CLACT, mais le chantier de la reconnaissance de la pénibilité du travail reste clos ! Alors que les déterminants de la santé des salariés de nos secteurs sont au rouge ! Nous avons tout à craindre des objectifs non cachés de la mise en œuvre des pôles d’activités : « gain de productivité » veut dire gestion à flux tendu, mobilité accrue, plus de flexibilité... et aussi plus d’autoritarisme pour tenir les objectifs financiers. Tout cela se traduit dans le protocole par un nouvel assouplissement du CET et de la mise en œuvre de la RTT. Le Ministère n’a pas caché sa volonté de déréglementer les heures supplémentaires contre l’avis unanime des organisations syndicales.

LES SALAIRES :

autres absents de cette négociation. Aucune prise en compte de la réalité de l’évolution du pouvoir d’achat : entre 2000 et 2005 perte de 5% par mois.

Plus que jamais, la CGT est porteuse d’exigences en matière de rémunération. Elle revendique : un minimum Fonction Publique de 1500 € accompagné d’une véritable remise en ordre de la grille indiciaire.

Pour toutes ces raisons, la CGT ne sera pas signataire de ce protocole.

Des actions, des rassemblements auront lieu aujourd’hui dans les établissements envers les ARH. Les débats budgétaires dans les CA, les instances locales seront l’occasion d’exprimer nos propositions et de mobiliser les salariés pour :
-  Un collectif budgétaire pour finir l’année 2006
-  Une loi de finance 2007 qui réponde aux besoins de développement du Service Public Hospitalier.

Montreuil, le 18 octobre 2006.

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Publié dans cgtchm

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