Travailler plus pour être payé moins cher !
Le paiement des jours de C.E.T :
C’est un miroir aux alouettes qui ne répond pas aux attentes dans toutes les catégories de personnels en matière de salaires, d’effectifs et de garanties pour les 35 heures.
La direction vient de publier une note de service suite à la parution des décrets n° 2008-454 et 2008-455 du 14 mai 2008 autorisant les agents de la fonction publique hospitalière et les personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques des établissements publics de santé, à opter pour une indemnisation des jours accumulés sur leur compte épargne temps avant le 31 décembre 2007, dans la limite de la moitié des jours non soldés à cette date.(Voir les modalités sur Intranet ou sur le blog de la CGT du C.H.M.)
Rappelons nous mi juillet 2007, le « rapport Acker » sur les comptes épargne temps dans la fonction publique hospitalière. La réaction de la Ministre de la Santé et du Président de la République ne s’était pas fait attendre. Et pour cause, le slogan phare du gouvernement « travailler plus pour gagner plus » se voyait menacé…
Ils se déclaraient, mains sur le cœur, indignés d’apprendre que les infirmières réalisent des heures supplémentaires qui ne leur sont pas payées…
Chapeau pour la communication…mais les salariés ne s’y sont pas trompés pas….y compris ceux qui ont des jours de CET. Le manque de personnels, la pénurie de certaines professions, le manque de moyens en général sont plus que largement dénoncés depuis…des années !
Début 2008 le ministère a donc concocté une mesure qui concerne le CET (voir article CGT).
Alors posons une question : Travailler plus pour gagner plus ?
Ainsi toutes celles et tous ceux qui ont eu la possibilité (ou ont été contraints) de placer des jours de congés ou de RTT….peuvent au CH Montfavet se les faire payer dans la limite de la moitié des jours « épargnés ».
L’idée dans un premier temps semble être bien accueilli par les collègues concernés, tant les fins de mois sont de plus en plus difficile…Il faut le dire. Mais à y regarder de plus près, très vite on se rend compte cette mesure ressemble à une arnaque et cela au moins pour 3 raisons :
La première, c’est que les montants forfaitaires retenus sont en dessous, pour toutes les catégories, du montant réel d’une journée de travail payé à l’indice moyen de sa catégorie.
65 euros pour la catégorie C, alors qu’une journée de travail d’un agent à l’indice moyen de la catégorie C est rémunérée à près de plus de 70 euros…
80 euros pour la catégorie B, alors qu’une journée de travail d’un agent à l’indice moyen de la catégorie B est rémunérée à près de 91 euros…
125 euros pour la catégorie A, alors qu’une journée de travail d’un agent à l’indice moyen de la catégorie A est rémunérée à près de 140 euros…
La deuxième raison, s’est que le tout semble imposable, contrairement à d’autres mesures du même tonneau prises par ce gouvernement. Les heures CET ne sont pas défiscalisées. Ainsi les agents qui n’ont pu prendre leurs jours de congés ou de RTT à cause de la politique de l’état en matière d’effectifs se voient imposer par celui-ci un prélèvement pour ne pas avoir pu prendre ses droits au repos !
La troisième raison c’est que le mode de financement témoigne d’une volonté d’accentuer le déficit des établissements et de se servir de la mesure pour continuer à restructurer le tissu sanitaire et social public et dégrader un petit peu plus les conditions de travail !
Au bout du compte pour ces 3 raisons qui va gagner plus ?
C’est un peu comme si pour les personnels hospitaliers l’Etat disait :
« Travailles plus, je te payerai moins cher et ça me rapporte ! »
Cet exemple démontre bien combien il y a nécessité de poursuivre le débat, le rassemblement et l’action pour :
Augmenter les salaires dans la fonction publique à l’heure où le pouvoir d’achat des fonctionnaires (et des salariés) ne cesse de reculer (sans parler du remboursement des frais de déplacement pour pouvoir tout simplement travailler à l’heure où le prix de l’essence s’envole)
Reconnaître les niveaux de qualifications en augmentant les bases indiciaires pour les salaires de départ.
Augmenter les effectifs, car cette situation des CET est bien évidemment liée à la mise en place des 35 heures sans moyens suffisant au CHM comme ailleurs….n’oublions pas cet aspect.
Mettre en place en urgence un plan Emploi-Formation pour permettre de faire face à la pénurie dans certaines catégories soignantes qui vont peu à peu poser d’importants problèmes sanitaires dans le pays….Regardons à ce sujet la situation dans les services du CHM qui est une aubaine pour les restructurateurs et les gestionnaires.