Une nouvelle fois, une fois de trop…

Publié le par jean marc

 

Une nouvelle fois, une fois de trop…

Une agression à l’hôpital de Montfavet  Jusqu’où, jusqu’à quand ?

Rassemblement  du 13/09 à 13h30 devant l'UF Bottard Photo: "La Marseillaise"

 

  Le navrant « feuilleton » estival des agressions et évasions en hôpital psychiatrique a connu, vendredi 9 septembre, un nouvel épisode, cette fois, à l’hôpital de Montfavet. Une fois encore, un détenu hospitalisé a tenté de s’évader. Ce qui est évidemment plus aisé qu’en milieu carcéral puisque l’hôpital demeure, jusqu’à présent un lieu de soin et non un centre pénitentiaire.

Une fois encore, une chambre d’isolement était occupée par un détenu, ce qui n’était pas la vocation initiale de ce type de lieu, lorsque l’hôpital a voulu s’en doter.Plus grave, la personne hospitalisée suite à une tentative de suicide avait dissimulé dans ses chaussettes deux lames de rasoir. On frémit à l’idée qu’il aurait pu les utiliser, que ce soit à son encontre ou à l’encontre du personnel soignant.

 

 

 Vendredi 9 septembre, en début de soirée, alors qu’il se trouvait seul dans la chambre d’isolement, le détenu hospitalisé a réussi à percer le faux plafond. Il va ensuite se glisser dans celui-ci et rejoindre le sas d’entrée où il est descendu, agressant l’infirmier présent pour tenter de lui voler les clefs.

 

 

Notre collègue souffre de multiples blessures au visage et aux mains. Il est évidemment choqué ainsi que toute l’équipe de l’unité Bottard qui a dû appeler des renforts pour maîtriser l’agresseur. Celui-ci a été reconduit peu après à la prison du Pontet…

 La colère, le ras-le-bol, submergent toute la profession, qui subit depuis trop longtemps des politiques d’abandon en matière de service public de santé et en particulier en psychiatrie. Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, avait reçu le 9 août, en « grande pompe », 250 directeurs d’hôpitaux psychiatriques pour leur annoncer une « accélération » du plan santé mentale.. Il  a annoncé que ce ne sont plus 300 lits qui seraient ouverts pour les détenus soignés dans les hôpitaux psychiatriques mais 400 lits… Il a beau assurer que le plan initié par son prédécesseur n’aura pas qu’un aspect de sécurisation et tiendra compte de la qualité des soins, il n’en reste pas moins qu’à aucun  moment, il n’a accepté lors de ses rencontres avec les organisations syndicales de discuter des contenus des soins !

Dans le contexte actuel de surpopulation  carcérale, la tentation de faire assumer à la psychiatrie un rôle plus pénitentiaire que soignant n’est pas à écarter.

Rappelons au Ministre que nous sommes avant toute chose infirmier(e) et non gardien(ne) de prison !

Même aux UMD, où depuis quelques années des tentatives de réinsertion de malades ont été développées, face aux difficultés pour prendre en charge des détenus, la préfecture avait décidé de déclasser 12 lits d’UMD pour faire face à cette situation. Comment s’étonner, dans un  tel contexte, des difficultés de recrutement et de la mobilité accrue des jeunes diplômés qui préfèrent tenter leur chance ailleurs, sans parler des salaires et des carrières…. Le ministre assure que « tous les départs à la retraite seront remplacés » ce qui d’après le journal « le Monde » a « satisfait voire soulagé les directeurs d’établissement présents ».

 Nous noterons quant à nous, qu’aucune annonce d’ouverture de négociations, que ce soit sur l’emploi, la formation initiale et continue, l’attractivité et la reconnaissance professionnelle n’est en vue !

Rappelons que la fédération CGT de la santé et de l’action sociale ne cesse de réclamer une loi d’orientation et de programmation pour la psychiatrie.

  Il y a vraiment urgence à agir !

 Alors que le gouvernement actuel est si prompt à vouloir mettre en place une nouvelle gouvernance dans le  cadre du plan « hôpital 2007 » où les personnels non-médicaux auront encore moins leur mot à dire, il ferait mieux de ranger dans  les cartons ses néfastes projets et d’écouter un peu mieux ceux qui travaillent dans les unités de soins.

 L’exacerbation est à son comble, « le couvercle va finir par exploser » !

 A Montfavet, il y a peu, de nombreuses agressions ont eu lieu, une évasion avec prise d’otage a failli tourner au drame. Dans l’unité des Pins B :deux collègues femmes avaient été sérieusement choquées et contusionnées, alors que le drame de Pau était dans tous les esprits…

 Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

 Malheureusement la situation de l’unité Bottard était déjà connue. Dans un tract daté du 10 février de cette année nous dénoncions les conditions de travail, d’hospitalisation et le manque de moyens adaptés dans cette unité. Nous avions interpellé le Directeur et le Directeur des soins à ce sujet lors d’une réunion le 1er février.

L’intervention du 1er février de notre syndicat CGT concernant Bottard se révèle aujourd’hui hélas pertinente :  « Là encore les locaux sont vétustes et inadaptés. Cette unité reçoit des patients gravement perturbés et qui présentent des troubles du comportement très importants. Les mauvaises conditions d’hébergement de cette unité et la prise en charge extrêmement difficile de ces patients entraînent une prise de risque très importante pour les personnels. »

 Aujourd’hui, nous pensons à notre collègue, à l’équipe de Bottard,

 

aux patients présents dans l’unité…

Rassemblement ce jour à 13h30 devant l'UF Bottard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Publicité

Publié dans cgtchm

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article