MOBILISONS-NOUS le MARDI 4 OCTOBRE 2005
C’est la rentrée :
Les raisons de la colère
Les raisons d’agir MOBILISONS-NOUS le MARDI 4 OCTOBRE 2005 Le 29 mai, à l’occasion d’un referendum qui portait sur un enjeu européen, une majorité de français avait mis en lumière les questions sociales. Cette interpellation n’a débouché que sur la mise en place d’un nouveau gouvernement dont la composition s’est limitée à une redistribution des postes pour une même politique économique et sociale. Le Premier ministre procède par ordonnances Parti en guerre contre le modèle social français, le nouveau Premier ministre a profité de l’été pour procéder par ordonnances, balayant toute forme de concertation et de négociation et escamotant tout débat public. En instituant le « contrat nouvelles embauches »[1] il permet de mettre à l’essai un salarié pendant deux ans et de le licencier sans motif à tout moment. Le gouvernement a offert un cadeau en or au MEDEF qui rêvait de ce salarié corvéable, taillable et jetable à merci. D’autres ordonnances participent quant à elles à réduire la représentation des personnels et sont, tout bonnement antisyndicales ! Madame Laurence Parisot[2] peut bien avec son organisation patronale s’enorgueillir de « ré enchanter le monde », les salariés concernés sont bien moins enchantés d’avoir à subir de telles mesures. Cours du baril et pouvoir d’achat Quant aux privatisations d’autoroutes, à la fermeture de lignes ferroviaires, à l’ouverture du capital d’EDF, à l’heure où les cours du baril sont à la hausse, de telles mesures démontrent où peut nous conduire la pensée ultra-libérale qui inspire l’actuel gouvernement : Droit dans le mur ! En pleine crise énergétique, est-il concevable de privatiser EDF ? Il y a de l’irresponsabilité de la part du gouvernement que de placer l’avenir énergétique de la France entre les mains d’intérêts privés, de détenteurs de capitaux, avant tout soucieux de « retour sur investissements » ! En pleine flambée des cours du brut, est-il judicieux de fermer de nouvelles lignes SNCF ou de continuer à favoriser le transport routier au détriment du fret ? Répondre favorablement aux interpellations des patrons routiers et ignorer que la majorité des salariés utilisent leur véhicule personnel faute de transports collectifs adaptés, relève de l’indécence ! Certes le Ministre des finances, Thierry Breton, a brandi une menace de taxe à l’encontre des grands groupes pétroliers qui ont aussitôt baissé le prix à la pompe ( ce qui ne leur coûte rien puisque, entre temps, le prix du baril de pétrole est passé de 70 à 65 dollars !). De toute façon cela ne les aurait pas trop pénalisés lorsque l’on sait que TOTAL, par exemple, affiche chaque mois 1 milliard d’euros de bénéfice[3] ! Il n’en reste pas moins que les taxes sur les carburants représentent 70% du prix à la pompe et que tout un chacun y est astreint quels que soient ses revenus. A titre de comparaison, le gouvernement veut limiter l’impôt sur le revenu à 50%, en particulier l’impôt sur la fortune et n’a dans le même temps aucune gêne à maintenir ce taux d’imposition de 70% sur les produits pétroliers… Contrairement à ce que pense Monsieur De Villepin, la flambée des prix du pétrole n’est pas un problème à moyen et à long terme mais bien un problème immédiat de pouvoir d’achat pour nombre de ménages. Plan santé mentale : En ce qui concerne les hôpitaux psychiatriques et le nôtre plus particulièrement où une nouvelle agression a eu lieu, le Ministre de la santé, Xavier Bertrand a reçu, le mardi 9 août, 250 directeurs d’hôpitaux psychiatriques. Suite au navrant feuilleton très médiatisé des agressions et évasions estivales, le Ministre a annoncé une « accélération » du plan santé mentale. Autre annonce : ce ne sont plus 300 lits qui seraient ouverts pour les détenus soignés dans les hôpitaux psychiatriques mais 400 lits. Une vigilance s’impose, car le risque de nous faire assumer une fonction plus pénitentiaire que soignante dans un contexte de surpopulation carcérale, n’est pas à écarter. Le Ministre a beau assurer que le plan initié par son prédécesseur n’aura qu’un aspect de sécurisation mais tiendra compte de la qualité des soins, il n’en reste pas moins qu’à aucun moment il n’a accepté, lors de ses rencontres avec les organisations syndicales, de discuter des contenus des soins ! De même, lorsqu’il assure que « tous les départs à la retraite seront remplacés » aucune annonce d’ouverture de négociations que ce soit sur l’emploi, la formation initiale et continue, l’attractivité et la reconnaissance professionnelle n’est en vue. Autant de flou qui nous fait dire, contrairement aux directeurs d’établissements, qu’il n’y a pas lieu d’être satisfait voire soulagé, par ces annonces. Au contraire, tout reste à faire ! Cela d’autant dans la perspective du plan « hôpital 2007 » où la démocratie à l’hôpital, entre autres, se pose, lorsqu’on voit la place faite au personnel non médical dans la nouvelle gouvernance ou en ce qui concerne le soin avec l’application de la tarification à l’activité. Plus généralement, c’est l’avenir des services publics qui est en cause à l’heure où un futur candidat à l’élection présidentielle passe son temps à vilipender ceux-ci… Le service public : Si, être salarié du service public dans le contexte actuel d’incertitude permet de bénéficier de la garantie de l’emploi, il n’en reste pas moins que la question des salaires demeure. Pas ou peu d’augmentation des salaires depuis des années et pour les petites catégories (agent administratif, ASH et AES) des rémunérations très faibles. Lors de la récente augmentation du SMIC, les échelles de rémunérations les plus basses se trouvaient en dessous, d’où la nécessité de rattrapage pour porter la rémunération minimale à l’indice 275. Les agents des échelle 2, 3, 4 et 5 des plus bas échelons voient porter leur indice de rémunération à celui de 275 rattrapant les agents qui étaient déjà au titre de l’ancienneté à des indices équivalents, sans que ces derniers puissent bénéficier d’une progression en cascade. Résultat, on assiste à un réel tassement vers le bas de ces catégories. Malgré tout, notre fonction publique reste attractive. Nous avons pour preuve avec le nombre de candidatures reçues à l’occasion du recrutement d’agents prévu pour septembre. Pour 16 postes d’AES, 300 candidatures. Pour 32 postes d’ASH, 310 candidatures et pour 13 postes d’agents administratifs pas moins de 640 candidatures ! Des chiffres qui démontrent, s’il en est besoin, que l’emploi reste au cœur des préoccupations et que ceux qui professionnellement sont en recherche, sont en demande d’un emploi stable et durable et non d’un contrat atypique où les lendemains demeurent incertains… On le voit, en cette rentrée, les raisons de la colère, les raisons d’agir sont nombreuses. La nécessité de se mobiliser à l’occasion du mardi 4 octobre à l’appel des principales organisations syndicales s’impose. La nécessité de se syndiquer pour un syndicalisme plus fort et plus efficace se pose plus que jamais ! La Commission exécutive du syndicat CGT du Centre Hospitalier de Montfavet, réunie le mardi 6 septembre a décidé d’impulser dans chaque service, chaque secteur d’activité, des réunions dans la perspective d’une mobilisation d’ampleur pour l’emploi, le pouvoir d’achat et, en ce qui nous concerne, aussi pour l’avenir de notre hôpital public ! Tous ensemble, manifestons le mardi 4 octobre 2005, et préparons-nous, dès aujourd’hui, à aller au-delà dans la mobilisation. La bataille ne fait que commencer.
[1] Applicable pour les entreprises de moins de 20 salariés, alors que dans un premier temps cela devait s’appliquer à celles de moins de 10 salariés. LA CGT a, la première, le 9 août déposé un recours devant le conseil d’Etat suivi par FO et dernièrement la CGC, la CFDT et la CFTC.
[2] Nouvelle « patronne des patrons »
[3] TOTAL a ainsi réalisé 6,3 milliards d’euros de profits au premier semestre 2005, c’est-à-dire 44% de hausse par rapport au même semestre 2004.